Parfois, je remets les choses à plus tard en pensant avoir le temps. Mais les années passent, les silences s’installent, et un jour je me retrouve face à mon passé avec une seule question : puis-je encore réparer mes erreurs ?
Il y a des décisions que l’on prend en quelques secondes et qui nous suivent toute une vie. Sur le moment, on pense faire ce qu’on peut pour tenir debout, pour continuer à avancer. Mais avec le temps, on réalise qu’on n’a pas avancé, on a seulement contourné le problème. Pendant longtemps, j’ai cru que partir était plus simple que de rester. Je ne savais pas encore que l’on pouvait fuir une situation, mais jamais sa propre conscience.
Le jour où j’ai laissé la peur décider à ma place
Je me souviens encore de cette période de ma vie où tout est devenu trop lourd, trop compliqué, trop douloureux. J’avais l’impression que le monde s’écroulait autour de moi et que je n’étais pas assez fort pour faire face. Alors j’ai fait ce que font beaucoup de gens quand ils ont peur : je suis parti vivre dans une autre ville.
Je me suis convaincu que c’était la meilleure chose à faire. Que je n’étais pas capable d’assumer, que d’autres feraient mieux que moi, que le temps finirait par arranger les choses. On est très doué pour se raconter des histoires quand on veut éviter la vérité. La vérité, c’est que je n’ai pas été courageux. J’ai choisi la facilité du silence plutôt que la difficulté de la présence.
Les conséquences d’un départ précipité
Ce départ, je ne l’ai pas préparé. Je ne l’ai pas annoncé. Je suis parti un matin, sans me retourner, sans explication. J’ai laissé derrière moi des gens qui comptaient sur moi. Une femme qui m’aimait. Des amis qui me faisaient confiance. Des engagements que j’avais pris. Je les ai tous abandonnés.
Sur le moment, je me suis dit que c’était pour le mieux. Que je les protégeais de moi-même. Que j’étais trop instable, trop fragile, trop dangereux. Je me suis convaincu que mon départ était un acte de générosité. Mais c’était un acte de lâcheté. Je n’ai pas protégé les autres. Je me suis protégé moi-même.
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